WORKING GIRL
Je ne sais pas vous mais moi, je me retrouve bien dans ce lien . En revanche pour le " intelligente mais pas trop" , je dirais plûtot, sois intelligente , mais ne le montre pas trop. C'est bien connu, une femme intelligente , c'est comme la femme à barbe ... ^^
Si on rajoute, chiante, raleuse, souvent en retard, je crois que le portrait est complet !
Bon j'arrête de me lancer des fleurs , j'ai un brushing à faire pour demain !
Comme c'est dommage ....et sans aucune intervention humaine.
( Pour ceux qui n'ont pas suivi voir ici )
Dans une entreprise, les gens vont et viennent. Certains partent, d'autres arrivent. Pour longtemps ou pour un temps seulement.
Étant toujours par monts et par vaux ( et souvent dans la lune), je ne m'aperçois souvent de l'arrivée d'une nouvelle personne qu' à partir de la dixième fois que je la croise dans les couloirs. A ce moment là, j'attrape le premier collègue sous la main ... " c'est qui ?".
Carole est arrivée chez nous en avril, mai , juin ? Je ne saurais dire. Discrète, je m'étais à peine aperçue de sa présence. Ce n'est que lorsque j'ai eu besoin d'elle ( après avoir interrogé 172.5 personnes pour savoir qui pouvait me répondre), que je connu son existence et son poste.
Discrète certes, mais toujours souriante, toujours polie. Ayant emménagée dans le bureau à coté du sien ( au bout du 5625e déménagements de bureau de l'année) , elle venait à chaque fois me saluer lorsqu'elle partait, chose parfaitement in commune dans une société où, généralement, tu es tellement pressée de partir que tu zappes les doléances du soir.
Mercredi 2 novembre, retour de grand week end de Toussaint.
Rituel du matin , machine à café et bla bla. " Tu as passé un bon week end ? Ca fait du bien 4 jours, qu'est-ce que tu as fait de beau ? ". Bref le couplet machinal, instinctif.
Et là , réponse de Carole : " J'ai été sur la tombe de mon fils, pour la Toussaint"..... Je vous laisse imaginer le grand vide. Moi, oui moi qui trouve toujours une répartie, même quand je suis sur pilote automatique mode bureau, je n'ai rien pu dire.
Et là , je me suis assis sur un coin de son bureau. Je savais qu'elle était divorcée avec 3 enfants. Je n'avais jamais creuser plus. Et là, je l'ai regardée. Et je lui ai parlé. Et elle m'a raconté. La mort de son fils, son mari qui ne l'a pas supporté, sa lente descente aux enfers, son divorce, sa bataille pour ses enfants. Et cela, sans verser dans le pathologique non, juste comme on raconte son week-end.
Et moi, je me suis vue avec mes problèmes existentiels : que faire à dîner ce soir ? ( pizza ou chinois à emporter) ? Que mettre avec ce petit pull rouge ? Il faut absolument que je prenne rendez vous chez l'esthéticienne, etc etc.
Bref , Carole, tu m'as mis une boule au ventre et tu m'as fait réfléchir. Tu ne liras certainement jamais ce blog. Mais je tenais à te rendre hommage. Car tu es un sacré bout de femme. Et maintenant, chaque matin, je fais un détour par ton bureau. Non ce n'est pas de la simple politesse. Seulement pour toi.
Quelquefois, quand mon cerveau tente l'évasion au boulot, je fais une pause et j'observe mes collègues. Ils sont là, plus ou moins pétris de leur importance . Cette dernière n'ayant souvent aucun rapport avec la fonction. Donnez une quelconque responsabilité ou valeur à quelqu'un ayant un problème avec son ego ou son assurance, et vous en ferez à coup sur un être tyrannique et imbuvable ( syndrome du petit chef ? ).
Bref, regardons donc ces personnes, scotchées à leur mails , téléphone , le plus souvent les deux en même temps. Corporate à 250 % , surtout si le big boss est dans le coin. Vous n'avez jamais remarqué que l'apparition d'un Big Boss a automatiquement un effet immédiat sur l'attitude d'une personne ? Le sourire apparaît, la poitrine se gonfle, les yeux brillent ! Oh my God ! Et dans une société comme la mienne, des Big Boss il y en a plein. Après le numéro 2, j'ai arrêter de compter, la lutte des pouvoirs évoluant selon la politique de l'entreprise. Et comme celle-ci donnerait le tournis à une girouette, j'y perds mes quelques restes de latin.
Donc , ces gens, regonflés à cette apparition Bigbossienne ( quelque soit le numéro), retrouvent une vitalité et un enthousiasme de travailler digne d'un romain à la construction d'un palais de César. Impressionnant ! Ils en oublient même de médire sur leurs propres collègues .
Certains poussent le vice assez loin quand même. Parce qu'il faut toujours plaire à son chef, qu'il soit de service ou au CODIR. Aucune fonction n'y échappe.
Comme cette assistante, qui a appelé l'un de ses poissons rouges sur son bureau du nom du diminutif de son patron. ( un jour Bubulle apprendra à nager sur le dos je pense, vu l'attitude du sus-nommé). Ses collègues ont déjà engagé des recherches sur la meilleur façon de faire. J'ai conseillé le suicide du poisson rouge. Mais je ne suis pas sûre que la thèse du saut par la fenêtre soit totalement crédible.
Comme ce cadre commercial qui, lorsqu'un BigBossien apparaît, a automatiquement un appel super important et super urgent d'un client . Bien sûr cet appel ne peut être pris que dans les couloirs du bureau. Ce super cadre devant faire profiter tout l'étage de la conversation, j'en ai déduit que le pauvre client devrait consulter très rapidement. On fait des sonotones très discrets maintenant.
Étrange syndrome en perspective. Si jamais vous croisez le mien, de Big Boss, prévenez-moi : c'est a peu près la seule apparition qui me fait ranger mon bureau. Heureusement, il n'a jamais ouvert mes tiroirs. Dieu l'en garde !
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